Le premier truc qui revient systématiquement quand on lit la description d’un rituel, c’est la purification de l’espace.

Ça semble logique, on va pas arriver à se canaliser dans un environnement pollué et il est donc conseillé de se dégager un espace adapté, souvent là où on aura installé notre autel si on en a un, ainsi que de l’ambiancer avec un petit rituel de purification.

C’est là que la petite sorcière blanche (de peau, pas de pratique) européenne qui est sensible à l’impact de la colonisation et voudrait éviter si possible de piller la culture et les ressources de populations exploitées se heurte à son premier obstacle.

Tous les rituels de purification qu’on trouve sur le net impliquent d’utiliser de la sauge blanche ou du palo santo ce qui pose plusieurs problèmes.

On est là dans un cas typique de pillage culturel puisque la sauge blanche est originaire d’Amérique du Nord et le palo santo d’Amérique du Sud. Leur utilisation par des blancs a un impact très marqué sur les populations qui en ont un usage traditionnel puisqu’il en résulte une raréfaction à l’état naturel et une marchandisation capitaliste au profit des blancs.

D’autant plus qu’en Europe il n’y a absolument aucun usage historique de ces deux ingrédients donc pour ce qui est de la reconnection avec une spiritualité traditionnelle et rapprochement avec la nature on repassera.

Comme je le disais dans l’article d’introduction dans mon coin c’est plutôt du côté des celtes qu’on peut remonter mais on peut aussi regarder ce que faisaient les romains puis les francs etc. parce qu’après tout, littéralement tout le monde fait cramer des trucs pour purifier l’air des esprits malfaisants et des énergies négatives.

Ce que j’ai trouvé finalement pour mes fumigations purificatrices c’est le genévrier commun (Juniperus communis) qui pousse un peu partout dans les montagnes entre 500 et 800m d’altitude et le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) qui pousse du côté de la méditerranée et dans le massif central.

Les deux étaient utilisés notamment au moyen-âge pendant les épidémies de peste et de choléra ainsi qu’à l’antiquité dans les rituels de… purification.

Pour m’en procurer je me suis simplement rendue à l’herboristerie du coin, j’ai demandé des baies de genièvre et j’ai blémi en voyant la facture pour 100g parce qu’à 75€ le kilo ça fait mal. On en trouve pour bien moins cher en ligne et si on habite près d’un coin où ces arbres poussent on peut aussi aller les récolter nous même.

Dans le commerce on ne trouve malheureusement que les baies (qui sont en fait des cônes puisque le genévrier est un conifère) alors que se procurer également des aiguilles aide à produire plus de fumée.

Pour les consumer, je les écrase grossièrement avant de les poser sur un charbon ardent que j’ai déposé dans un petit récipient en céramique.

Hors rituels de purification et comme c’est diurétique, on peut aussi s’en faire en tisane, ça sera alors efficace pour aider à soigner une infection urinaire ou à évacuer un calcul rénal.